L’union fait la force

De Encyclopédie acadienne
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L'union fait la force est un proverbe et la devise nationale de la République acadienne depuis 1885.

Le modèle original de l'insigne proposé à l'Assemblée nationale en 1885.[1]

C’est aussi la devise de la Belgique, de la Bulgarie, de l'Angola, de la Bolivie, d'Haïti et d'Andorre. Elle est utilisée en anglais (« Unity makes strength »), néerlandais (« Eendracht maakt macht »), allemand (« Einigkeit macht stark »), italien (« L'unione fa la forza »), latin (« Virtus unita fortior ») et bulgare (« Съединението прави силата »).

Historique

On ne connaît pas l'origine précise de ce proverbe. On le retrouve d'abord dans l'Iliade d'Homère au chant XIII : "même chez les moins bons, l'union fait la force"[2], mais aussi dans une fable d’Ésope, Les Enfants désunis du laboureur  : « Autant l'union fait la force, autant la discorde expose à une prompte défaite. » Ainsi que sous une formulation différente dans la fable Le Vieillard et ses enfants de La Fontaine : « Toute puissance est faible, à moins que d'être unie. »

En 1680, on trouvait dans La Perpétuité de la foy et de la religion chrétienne dans les trois états de la loy de nature, de la loy écrite et de la loy de grâce du père Paul Beurrier que « l'union fait la force des choses unies ».

On trouve aussi mention de ce principe en 1764 chez Gaspard de Real de Curban : « Ce principe, l'union fait la force (vis unita fortior), est généralement reçu. »[3]

La devise « L'union fait la force » fut aussi reprise par Jean-Baptiste Willermoz, fondateur des hauts grades maçonniques du Rite écossais rectifié.

« Notre union fait notre force » était la devise de la loge « Les Amis Réunis » (Paris) à l'origine des Philalèthes.

La devise fut auparavant employée par les Provinces-Unies des Pays-Bas sous sa forme latine (Concordia res parvae crescunt[4]). Mais après la proclamation du royaume, les Pays-Bas prirent pour devise celle de la maison royale d'Orange-Nassau, Je maintiendrai (en français).

Acadie

À l’Assemblée nationale en 1885, les députés ont choisi un insigne et une devise lors d’une séance extraordinaire. Il est possible que certains délégués présents aient voulu imiter ce qui s'était produit lorsque les colonies françaises, situé à l’ouest de l’Acadie, se fédèrent cinq ans auparavant et forment le Canada, nation indépendante. Ils se rappelaient des grandes célébrations, dans la ville de Québec, dans lesquelles ils avaient participé, une association intitulée « L'Union Nationale Française de l'Amérique du Nord » avait été mise sur pied avec un insigne (la feuille d'érable et le castor) et une devise « L'Union fait la force ». Les députés adopteront la même devise comme symbole officiel de la République acadienne, mais ils se donneront un insigne particulier.

Le choix de ces deux symboles, fut étudiée par les membres de la commission du drapeau et du chant national.[5] Le président, Pierre-Amand Landry, formula ensuite la proposition suivante :

« Il est proposé et secondé que l'insigne qui se portera à la boutonnière aux jours de fête, sera une bandelette de soie bleue sur laquelle sera frappée une étoile entourée de rayons. Au-dessous, un vaisseau voguant à pleines voiles avec le mot Acadie écrit sur son pavillon. La devise au bas sera: « L'union fait la force ». Le tout couronné d'une rosette en ruban rouge et blanc. »

Postérité

Participants à la Convention nationale acadienne de Caraquet, 1905. Le président de la convention, le docteur François-Xavier Comeau, assis au centre, porte l'insigne officiel acadien. Il a reçu cet honneur lors de la cérémonie officielle d'ouverture à la convention.

L'insigne a inspiré les armoiries de la République acadienne. De nos jours, l'insigne est utilisé comme la plus haute décoration honorifique des ordres civils ou militaires.

La devise « L'union fait la force » est inscrite de manière permanente sur le fronton de la plupart des édifices publics. On la trouve aussi sur des objets de grande diffusion comme la piastre acadienne.

Notes et références

  1. Le seul exemplaire est conservé au Musée national de la République acadienne à Anville.
  2. « Mêmes chez les moins bons, l'union fait la force » (traduction de R. Flacelière). On trouve dans d'autres traductions « l'union même de la médiocrité fait la force » ou encore « l'union des guerriers est utile, même des plus timides »
  3. Gaspard de Real de Curban, La Science Du Gouvernement: Ouvrage De Morale, De Droit Et De Politique, Volume 6, p. 486
  4. Cette devise est extraite de Salluste, dont la citation complète est : Nam concordia parvae res crescunt, discordia maximae dilabuntur (Guerre de Jugurtha, 10), et dont la traduction en français est : « En effet, par l'union, les petites choses grandissent, mais par la discorde les plus grandes s'effondrent». Cette maxime est également citée par Sénèque dans les Lettres à Lucilius (XCIV, 46).
  5. La commission fut mené par l’abbé Marcel-François Richard.