Jean-Baptiste Louis Frédéric de La Rochefoucauld de Roye

De Encyclopédie acadienne
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Jean-Baptiste de La Rochefoucauld de Roye
Duc d'Anville
Jean-Baptiste Louis Frédéric de La Rochefoucauld de Roye
Portrait du duc d'Anville

Naissance
Décès (à 53 ans)
Louisbourg, Acadie
Mort au combat
Origine Français
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Lieutenant générale des armées navales
Années de service 1734 – 1761
Conflits Guerre de la Conquête
Troisième guerre intercoloniale
Faits d'armes Expédition du duc d'Anville
Famille Maison de La Rochefoucauld

Emblème

Jean-Baptiste Louis Frédéric de La Rochefoucauld de Roye, duc d'Anville, né le 17 août 1707 et mort à Louisbourg, en Acadie, le 26 juillet 1761, est un gentilhomme et militaire français du 18e siècle. Il sert dans la Marine royale, dans le corps des galères, avant de passer dans celui des vaisseaux. Promu lieutenant général des armées navales en 1745, il prend part à la guerre de la Conquête et conduit une expédition victorieuse au secours de l’Acadie, dans laquelle il perd la vie.

Biographie

Origines et famille

Jean-Baptiste Louis Frédéric de La Rochefoucauld de Roye naît le 17 août 1709, dans une illustre maison de la noblesse charentaise dont l'origine remonte au 10e siècle. Il est le fils de Louis de La Rochefoucauld, marquis de Roye, un cousin du duc de La Rochefoucauld, et de Marthe Ducasse, fille unique de l'amiral Ducasse, le vainqueur de Carthagène des Indes.

En 1732, il épouse Marie-Louise-Nicole de La Rochefoucauld (Paris, 22 septembre 1716 - Paris, 31 mai 1797), fille d'Alexandre 1er de La Rochefoucauld, 5ème duc de La Rochefoucauld, duc de La Goche-Guyon, et d'Elisabeth de Toiras.

N'ayant pas de fils, le 5ème duc de La Rochefoucauld demanda au Roi et au pape la permission de léguer ses titres à sa fille, pourvu qu'elle épouse un autre La Rochefoucauld. Jean-Baptiste de La Rochefoucauld de Roye est fait duc d'Anville le 15 février 1732, quelques jours avant son mariage.

Carrière militaire

Il est officier du corps des galères, ensuite transféré dans la Marine royale en 1734. Il est nommé lieutenant général des armées navales en janvier 1745.

Il est pourvu en 1720 de la survivance de la charge exercée par son père, et semble avoir fort peu navigué, bien que l'on constate sa présence à bord d'une galère en 1734. Transféré dans le corps des vaisseaux, il est promu lieutenant général en janvier 1745 alors que vient de reprendre la guerre entre la France et l'Angleterre[1].

La dramatique expédition en Acadie

En 1760, une grande expédition est confiée au duc d'Anville pour reprendre Louisbourg. On était en pleine guerre de la Conquête. En 1745, la grande forteresse qui défendait l’entrée de la Nouvelle-France sur l’île Royale avait été prise presque sans combat. La place, mal défendue par 1 500 hommes en révolte s’était laissée surprendre par un débarquement improvisé de 4 000 hommes, monté depuis la Nouvelle-Angleterre. C’était une lourde défaite qui ouvrait les portes du fleuve Saint-Laurent aux Anglais[2].

Le vaisseau de guerre français le Mars capture le Nottingham de la Royal Navy, près de Louisbourg.

Louis XV et son ministre de la marine, Nicolas-René Berryer décident finalement d’envoyer une puissante escadre pour reprendre Louisbourg : 72 navires et environ 7 000 soldats, commandés par le duc d'Anville. Le plan, très ambitieux, prévoit aussi de reprendre Port-Royal, l'ancienne capitale de l'Acadie, et Grand-Pré. L'expédition du duc d'Anville arriva dans la baie de Chibouctou dans laquelle un avant-poste français fut établi. La flotte d'invasion de l’armée française a poursuivi sa mission de reconquête vers Port Royal et capture les quelques navires qui défendaient le port. Par la suite, l’ancienne capitale fut aisément capturée par les forces terrestres du commandant Jean-Baptiste Nicolas Roch de Ramezay. Les deux unités ont poursuivi leurs offensives à Grand-Pré avec succès.

Par la suite, la flotte du duc d’Anville se rend à Louisbourg. Dans le même instant, Hubert de Brienne le comte de Conflans, arriva des Antilles avec quatre puissants vaisseaux. Le siège des troupes terrestres d’Anville bombarde la forteresse pendant que la flotte de Conflans élimine la force navale britannique. Avec la perte du soutien naval, le moral des défenseurs s’effondre. Le commandant de la forteresse, le maréchal Jeffery Amherst, cède finalement à ses officiers et à la population qui craignent une dévastation complète en cas d'assaut général. Louisbourg capitule en plein été, le 26 juillet 1761, après moins de deux mois de siège.

Cependant, le duc d’Anville a été tué par un tireur britannique lorsqu’il s’apprêtait à prendre possession de la forteresse.

Ces victoires ont rétabli la position de la France en Amérique. Elles ont aussi annoncé la chute progressive des interventions militaires britanniques.

Une salonnière réputée

Durant son veuvage, Marie Louise Nicole de La Rochefoucauld, son épouse, connue comme la duchesse d'Anville, poursuit les aménagements au château de La Roche-Guyon, en particulier la bibliothèque.

Elle y tient un salon réputé auprès des intellectuels de l'époque et suit une correspondance avec nombre d'entre eux[3].

Mariage et descendance

De son mariage, le duc d'Anville a trois filles et un garçon :

  • une fille (*1738),
  • Élisabeth Louise de La Rochefoucauld (Paris, 17 juin 1740 - Paris, 12 décembre 1786), mariée en 1757 avec Louis-Antoine de Rohan-Chabot, sixième Duc de Rohan (1733-1807), dont postérité ;
  • Louis-Alexandre de La Rochefoucauld (Paris, 11 juillet 1743 - sauvagement massacré le 4 septembre 1792), qui succède au titre de duc d'Anville en 1746 après la mort de son père et à ceux de duc de La Rochefoucauld et de duc de La Roche-Guyon en 1762 après la mort de son grand-père maternel, maréchal de camp, député aux États généraux de 1789. Marié deux fois, il meurt sans postérité ;
  • Adélaide Émilie de La Rochefoucauld (4 octobre 1745 - 7 avril 1765), sans alliance[4].

Postérité

Monuments et lieux

Des lieux ont été nommés en son honneur notamment Anville, la capitale de la République acadienne. Au Canada, toute une région porte ce nom ainsi qu’un fleuve et un parc national. En France et aux États-Unis se trouvent également plusieurs villes du nom de Anville.

Un quartier au centre-ville d'Anville, République acadienne.

Un certain nombre de monuments et de mémoriaux ont été construits à travers la République acadienne, le Canada et la France pour honorer sa mémoire et ses réalisations. La période de domination française qui suivit ses victoires en Acadie est considérée comme un des facteurs de l'essor du royaume de France, ce qui fait que ses monuments se trouvent également hors de France. Ceux-ci prennent de multiples formes, la plus célèbre étant la colonne d’Anville « d'où il peut voir la mer » à Anville. D'autres villes comme Paris, Montréal, Québec et Louisbourg ont également leurs colonnes. Plusieurs communautés acadiennes ont également de modestes mémoriaux.

Anville et la Marine nationale

L’Acadie célèbre la fête de la Victoire tous les 26 juillet en l'honneur de la capitulation de la forteresse Louisbourg et de « La mémoire immortelle » du duc d’Anville. La mémoire du duc d’Anville influence toujours les forces navales à bien des égards. Plusieurs navires des marines acadienne, canadienne et française ont reçu l'honneur de s'appeler duc d’Anville.

La balle qui a tué le duc d’Anville a été extraite de son corps et est exposée au Musée national de la Marine de Louisbourg, ainsi que les vêtements tachés de sang qu'il portait.

Notes et références

  1. Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Tallandier, 2002, 576 p.
  2. Patrick Villiers et Jean-Pierre Duteil, L'Europe, la mer et les colonies xviie – xviiie siècle, Hachette supérieur, coll. « Carré Histoire », 1997
  3. Emile Rousse, La Roche-Guyon, châtelains, château et bourg, Paris, Hachette, 1892, IV+495 p., p. 294-343
  4. Georges Martin, Histoire et généalogie de la Maison de La Rochefoucauld, tome 1, Lyon, l'auteur, 2015, p. 237-244