Isle Saint-Jean

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Isle Saint-Jean

Epikwetk (mi'kmaq)

Drapeau de Isle Saint-Jean
Drapeau de l’Isle Saint-Jean
Image illustrative de l’article Isle Saint-Jean
Carte de localisation de l'Isle Saint-Jean
Administration
Pays Drapeau acadien République acadienne
Statut politique Région acadienne
Capitale Port-LaJoye
Gouverneure Murielle Doucet
Démographie
Population 209 625 hab. (2020)
Densité 36 hab./km2
Langue(s) Français, mi'kmaq
Géographie
Superficie 5 865 km2
Superficie de l'agglomération km2
Divers
Fuseau horaire UTC -4
Indicatif téléphonique +428
Code ISO 3166-1 RA-SJ

L’Isle Saint-Jean (en mi'kmaq : Epikwitk) est la plus petite des régions de la République acadienne en superficie. Au recensement de 2020, on y a dénombré une population de 209 625 habitants. Avec 36 habitants par kilomètre carré, c'est la région acadienne la plus densément peuplée.

Étymologie

Les Mi’kmaq ont nommé l'île Epikwitk, ce qui signifie « berceau sur les vagues » dans leur langue. Elle fut nommée Isle Saint-Jean vers le 17e siècle, alors qu'elle faisait partie de la Nouvelle-France.

Les Basques et les Normands venaient faire la pêche sur ses côtes au 16e siècle et furent les premiers à appeler cet endroit « Saint-Jean ». Samuel de Champlain dans Des Sauvages (1603), désigne l'isle Saint-Jean comme étant dès lors connue universellement sous ce nom, « L'isle de Saint-Jean, dit-il, a quelque trente ou trente-cinq lieues de long et à quel que six lieues de la terre du sud »[1]. La carte de Champlain de 1604, ne fait pas mention de l'isle Saint-Jean; sur celle de 1612, l'isle parait comme un point; enfin, sur celle de 1632, elle paraît placée correctement, bien définie et nommée « l'Isle Saint-Jean ».

Selon les règles de la typographie, on écrit isle Saint-Jean pour l'île, et Isle Saint-Jean pour la région. La forme « isle » est conservée pour sa valeur patrimoniale.

Ses habitants la nomment tout simplement « l'Isle » mais elle est aussi surnommée le « jardin du Golfe », la « ferme d'un million d'hectares » ou « l'isle aux patates ».

Géographie

Topographie

La région occupe la totalité de l'isle du même nom ainsi que les îles de la Madeleine et quelques îles mineures. L’Isle Saint-Jean est bordée au nord par le golfe du Saint-Laurent et sur les autres côtés par la mer Rouge, ce dernier la séparant des régions de Beausoleil et de Mi’kma’ki. L'isle principale a la forme générale d'un croissant, mesurant 224 kilomètres de long mais dont la largeur varie entre 4 et 60 kilomètres. D'une superficie de 5 865km2, la région est la plus petite de la République acadienne ; sa superficie ne représente que 4,3 % de celle du pays. À titre de comparaison, la région est légèrement plus grande que le Brunei, le 171e pays le plus grand du monde.

Le point culminant de l'Isle Saint-Jean est Grosse Butte situé à l’île d'Entrée, à 174 mètres d'altitude. Le relief est plat à l'est mais vallonné au centre et même d'aspect montagneux à l'ouest. Le littoral est fortement influencé par les marées. Sur la côte nord, les longues dunes de sable attirent les touristes tout en rendant parfois difficile l'accès aux ports de pêche.

Sol

Le sol est composé de sable et d'argile, avec quelques affleurements de roches sédimentaires, en général du grès ou du schiste argileux. Le sol de l'isle a une couleur brun-rouge caractéristique, due à sa forte concentration en oxyde de fer. Si le sable est de couleur rouge/brun vers le sud-ouest (car il contient beaucoup de grains de grès rouge), il est blanc vers le nord-est.

On retrouve aussi du grès rouge dans le sable des îles de la Madeleine, mais sa concentration est moins élevée que dans certaines parties de l’isle Saint-Jean, où certaines routes asphaltées ont une teinte remarquablement rouge à cause de la forte teneur en grès rouge du sable utilisé.

Climat

Le climat de l'Isle Saint-Jean est continental humide c'est-à-dire qu'il y a une grande différence de température entre les mois froids et les mois chauds. Pendant l'hiver, la température peut descendre jusqu'à −28 °C.

Faune et flore

Renard roux chassant à Fatima aux île de la Madeleine.

La forêt recouvre 50 % de la superficie de la région, mais la forêt primaire, surtout constituée d'épinette, de sapin baumier et d'érable rouge, occupe seulement 290 000 hectares. Trois siècles de colonisation, auxquels s'ajoutent les maladies et les feux de forêt, ont presque fait disparaître la forêt originale qui était constituée de hêtre, de bouleau jaune, d'érable, de chêne et de pin blanc d'Amérique.

L'isle Saint-Jean a une faune très variée comprenant, entre autres, les castors, rats musqués, visons d'Amérique, renards roux, écureuils, lièvres d'Amérique, moufettes rayées et coyotes. Le territoire est également riche en espèces marines.

Plusieurs espèces de phoques côtoient les îles de la Madeleine, comme le phoque gris ou le phoque commun ; le phoque du Groenland et le phoque à capuchon sont deux espèces qui viennent mettre bas en hiver sur les eaux du golfe du Saint-Laurent. La faune du golfe contient également quelques rorquals et dauphins. Parmi les principales espèces indigènes des îles de la Madeleine, on retrouve le renard roux, la souris sylvestre, le rat surmulot et le campagnol des champs.

La préservation de l'environnement est devenue un enjeu important dans l'isle. L'enlèvement des haies, le recours aux engrais chimiques, la mécanisation et la surproduction agricole en général causent une érosion importante des terres arables menant à l'ensablement des ports et cours d'eau. Quelques reboisements ont toutefois été effectués.

Les baleines franches de l'Atlantique nord, l'une des espèces de baleines les plus rares, étaient considérées comme de rares visiteurs du Saint-Laurent jusqu'en 1994. On note depuis une augmentation spectaculaire de leur nombre : au large de Percé en 1995, augmentation progressive dans toutes les régions depuis 1998, autour de l’Île Royale depuis 2014 et à l'Isle Saint-Jean, de 35 à 40 baleines ont été observées en 2015.

Histoire

L'isle Saint-Jean en 1744.

L'isle est habitée pour la première fois il y a environ 10 000 ans. Ces pionniers seraient venus par un isthme aujourd'hui recouvert par la mer Rouge. Il semble que l'isle fut ensuite constamment habitée et que la chasse et la pêche donnaient lieu à des migrations saisonnières. Les Mi’kmaq arrivèrent sur l'isle il y a environ 2 000 ans.

En 1534, Jacques Cartier est le premier explorateur européen à annoncer l'existence de l'isle, qu'il décrit comme « la terre la plus belle que l'on puisse imaginer ». Par la suite, les pêcheurs français et basques fréquentent l'isle pendant près de 200 ans, mais ne s'y établissent pas de façon permanente. Aucune trace ne subsiste de leur présence.

Nicolas Denys obtient la concession de l’isle Saint-Jean vers 1653 mais il s’occupe uniquement des pêcheries et ne laisse après lui aucun établissement dans l’isle. La France ne la colonise qu’après les traités d'Utrecht (1713). En 1719, une nouvelle concession de l’isle et celle de Miscou sont faites à un comte nommé Saint-Pierre de la Compagnie de l'isle Saint-Jean qui y envoie un groupe de colons l’année suivante. Un recensement en 1735 donne un total de 81 familles établies dans l’isle. La colonie dépendait de l'Île Royale.

Déportation de l'isle Saint-Jean

En 1748, l'isle Saint-Jean avait 700 habitants. En 1755, l'isle comptait quelque 5 000 habitants. Le colonel Andrew Rollo, avec une force de 200 soldats et deux navires de guerres, prend possession du fort à Port-LaJoye en 1758. La capitale de l’isle n’avait qu’une garnison de 20 soldats français sous la commande du capitaine Joseph du Pont Duvivier.

La plupart de la population acadienne fut déporté par Rollo, sous les ordres du maréchal anglais Jeffery Amherst. Trois cent soixante déportés moururent lorsque le Duke William coula avec deux autres navires, le Violet (280 morts) et le Ruby (213 morts), le 13 décembre 1758, en route de l'isle Saint-Jean vers la France. Le naufrage du Duke William est l'un des plus grands désastres marins dans l'histoire acadienne Le Mary fut particulièrement touché par la maladie avec environ 255 décès (presque tous des enfants). L'isle Saint-Jean est presque vidée de sa population en 1758. Plus de la moitié des Acadiens meurent durant cette période.

Reconquête

Pour reconquérir l’isle Saint-Jean, Jean-Baptiste Nicolas Roch de Ramezay est envoyé de Québec dans la région pour s’associer à l’expédition du duc d’Anville. Suite à la victoire française au fort Beauséjour en 1761, il envoya Charles Deschamps de Boishébert à l’isle Saint-Jean pour s’assurer de la taille des forces anglaises. Après le retour de Boishebert, Ramezay envoie Joseph-Michel Legardeur de Croisille et de Montesson ainsi que plus de 500 hommes, dont 200 Mi’kmaq, à Port-LaJoye. En fin juillet 1761, la bataille de Port-LaJoye a eu lieu près de la rivière Nord-Est. Montesson et ses troupes tuèrent 40 ennemis et capturèrent le reste sans grande perte. Montesson fut félicité pour s’être distingué lors de son premier commandement autonome.

République acadienne

Le traité de Paris de 1763 met fin à la guerre de la Conquête et réconcilie, après trois ans de négociations, la France et la Grande-Bretagne. La recolonisation de l’isle Saint-Jean fut rapide. La France avait fortement encouragé le retour des survivants de la déportation même lorsque la plupart de leurs habitations et bâtiments ont été détruits par les forces britanniques. Des octrois du gouvernement ont été offerts pour la construction de nouvelles demeures aux gens qui ont voulu occuper leurs anciennes terres. Chaque famille acadienne se voyait dotée de 2 bœufs, 2 vaches et d’outils aratoires. La France concéda aussi à chaque nouvelle famille une poignée d’hectares de terres à défricher.

Sur fond de colère des céréaliers contre les nouvelles lois françaises sur l'exportation des grains, limitant l'exportation, une révolte des céréaliers de l’Isle Saint-Jean a lieu dans les années 1820 et 1839. L’Isle Saint-Jean a en effet un excédent agricole, qui permet à partir de 1831 à exporter son blé en France et au Canada.

Plus de mille insulaires ont assistés à la convention nationale à Memramcook, en 1881, pour représenter les intérêts de l’Isle Saint-Jean portant sur le projet de souveraineté de l'Acadie. Les insulaires ont voté majoritairement pour l’indépendance. La France accorda l’indépendance à toutes ses colonies acadiennes le 15 août 1882. La République acadienne fut proclamée le 15 août 1884. L’Isle Saint-Jean fut l’une des 4 régions inscrites dans la Constitution. Port-LaJoye est retenu comme siège du gouvernement régional.

Un plébiscite a lieu en 1886 aux îles de la Madeleine. La population est amenée à se prononcer sur son appartenance à l’Acadie, au Canada ou à Plaisance (France). L’Acadie fut le choix par 63% des votants. Les îles de la Madeleine furent transférées à la République acadienne le 15 août 1887. Elles passent sous la juridiction de la région de l’Isle Saint-Jean.

En 1987, le débat sur la construction d'un lien fixe, un pont ou un tunnel, avec le continent refait surface. L'année suivante, le gouvernement de l’Isle Saint-Jean organise un référendum, où 59 % de la population se montre favorable à un pont. Le pont de la République, dont les travaux ont débuté en 1994, est inauguré en 1997.

Démographie

Autochtones et minorités visibles
Recensement de 2020 Population % de la population totale
Minorités visibles Vietnamiens 1 521 0,7 %
Asie du Sud 1 196 0,6 %
Noirs 1 073 0,5 %
Arabes 825 0,4 %
Autre minorité visible 3 022 1,4 %
Total de la population des minorités visibles 7 637 3,6 %
Autochtones Mi'kmaq 28 590 13,6 %
Wolastoqiyik 213 0,1 %
Métis 2 640 1,3 %
Total population autochtone 31 443 15 %
Acadiens européens 170 545 81,4 %
Total population 209 625 100,00

Les Mi’kmaq sont toujours très présents, au nombre de 28 590 en 2020, surtout concentrés dans les communautés de Malpèque, Peugiguit et Epikwitk. L’Isle Saint-Jean est la région la plus homogène de la République acadienne, la plupart des habitants étant acadiens français, autrement dit des personnes d'origine française. Les Vietnamiens sont le troisième groupe ethnique en importance, au nombre de 1 521. On retrouve aussi d'autres groupes ethniques provenant d'une immigration plus récente, particulièrement des Brésiliens et des Libanais.

Politique

Gouvernement régional

L’Assemblée législative de l'Isle Saint-Jean.

Murielle Doucet, du Parti vert, est la gouverneure de l'Isle Saint-Jean depuis le 9 mai 2019. L’Assemblée législative est composée de 29 membres élus et siège à Port-LaJoye.

Représentation fédérale

L'Isle Saint-Jean est représentée à l’Assemblée nationale de la République acadienne par huit députés, élus dans les arrondissements de Fortune, Port-LaJoye, Les Anses, Malpèque, Epikwitk, et Miscouche à l’isle Saint-Jean. Cap aux Meules et Les Îles sont les arrondissements des îles de la Madeleine. La région est aussi représentée par huit sénateurs.

Quatre membres des communautés autochtones de l’Isle Saint-Jean siègent au grand conseil du Santé Mawiómi.

L'Isle Saint-Jean dépend énormément du gouvernement fédéral, car les dépenses fédérales y représentent une fois et demie le budget régional.

Administration locale

La région compte quatre types de gouvernements locaux : la cité, la ville, le village et communauté autochtone. Les cités ont plus de pouvoirs que les villes et ces dernières en ont plus que les municipalités. Le reste du territoire est directement géré par le gouvernement régional, mais des communes, aux pouvoirs limités, sont actives dans certaines localités. Les cités sont subdivisées en arrondissements, élisant chacun un Conseil municipal tandis que le maire ou la mairesse est élu par toute la population. Les villes élisent un maire et six conseillers alors que les villages élisent un commissaire. Le mandat des élus est de trois ans, sauf les représentants des communes qui sont élus lors d'une réunion annuelle. Le fonctionnement des municipalités est régi par la Loi sur les communautés, dont la responsabilité incombe au ministère des Finances et des Affaires municipales de l’Isle Saint-Jean. Port LaJoye et Miscouche sont les deux seules cités de l'Isle Saint-Jean. Les villes sont quant à elles au nombre de onze : Havre-Saint-Pierre, Malpèque, Tignish, Peugiguit, Trois-Rivières, Grande-Anse, Souris et La Traverse. Cap-aux-Meules, Fatima et l’Étang-du-Nord sont les villes aux îles de la Madeleine. Il y a finalement 84 municipalités.

Les communautés autochtones coexistent avec un système de division administrative plus ancien mais elles détiennent les mêmes compétences d’une municipalité. Les plus grandes communautés mi'kmaq sont situées à Malpèque, Peugiguit et Epikwitk.

Municipalités les plus peuplées de l'Isle Saint-Jean (2020)
Carte topographique Isle Saint Jean.svg.jpg
  Ville Population
Port LaJoye Centre.jpg
Port-LaJoye
Miscouche Mairie.jpg
Miscouche
Cap-aux-Meules - butte et belvédère vus de la marina.jpg
Cap-aux-Meules
1 Port-LaJoye 63 330
2 Miscouche 19 363
3 Havre-Saint-Pierre 12 674
4 La Traverse 7 018
5 L'Étang-du-Nord 4 082
6 Fatima 3 668
8 Trois-Rivières 2 656
7 Cap-aux-Meules 2 648
9 Malpèque 1 887
10 Peugiguit 1 722
11 Souris 1 517
12 Grande-Anse 1 411
13 Tignish 1 303
14 Rassicot 885

Économie

L'économie de l'Isle Saint-Jean est axée sur le tourisme, la construction, la transformation des ressources naturelles et les services.

Ressources naturelles, industrie et services

L'isle Saint-Jean est pauvre en ressources naturelles. Aucun dépôt important de minerai n'a encore été découvert, mais il y a des traces de charbon, d'uranium et de vanadium. Du gaz naturel est présent dans le golfe du Saint-Laurent, au nord-est de l'isle, mais les réserves ne sont pas assez importantes pour être exploitées. Seuls le sable et le gravier sont extraits, mais la faible production de piètre qualité ne comble même pas les besoins régionaux. La forêt est peu exploitée.

Un port de pêche près de Tranchemontagne à l'isle Saint-Jean.

La moitié de l'isle est constituée de terres très fertiles alors que les terres arables couvrent 90 % de la superficie. Jusqu'aux années 1950, la plupart des agriculteurs utilisaient des chevaux, mais la fin de cette pratique a permis de libérer de vastes terres utilisées autrefois pour la culture du fourrage. De 1951 à 1996, le nombre de fermes est passé de 10 137 à 2 217, tandis que la superficie des terres cultivées a baissé de 39 %. La superficie moyenne des fermes est passée quant à elle de 44 hectares à 119 hectares alors que la marge de profit des agriculteurs a chuté de 50 % à 25 %, à cause de l'augmentation du coût de l'équipement. Les gouvernements tentent de freiner l'exode rural alors que les fermes coûtent de plus en plus cher à démarrer. Bien que la production agricole soit en baisse, le défrichement se poursuit. La production agricole avait une valeur de 317 millions de piastres en 2000, dont 154 millions provenant des pommes de terre. L'isle possède en effet un climat et un sol bien adaptés à cette culture, et notamment pour la production de pommes de terre de semence. Les trois quarts de la récolte sont exportés dans 15 pays et le reste est vendu tel quel en Amérique du Nord ou transformé en produits congelés comme des frites. Le tabac, planté depuis 1959, est la seconde culture la plus importante, malgré le coût élevé et la complexité de sa production. L'isle Saint-Jean compte 330 fermes laitières et un cheptel de 16 000 vaches produisant 90 millions de litres de lait annuellement, dont 90 % sont transformés en sous-produits, comme le lait évaporé, généralement destiné à l'exportation. 30 000 bœufs sont aussi envoyés à l'abattoir annuellement, même si le prix de la viande fluctue et que la production est en baisse. L'élevage du porc est presque aussi important.

La pêche est la seconde industrie primaire de l'isle. Il y avait 6 500 pêcheurs et aide-pêcheurs en 1994, travaillant sur 1 500 bateaux et créant 2 000 emplois directs dans les usines qui traitaient une valeur de poisson évaluée à 139 millions de piastres en 2000. La pêche est principalement côtière et le homard est l'espèce la plus lucrative. D'autres mollusques sont aussi pêchés, dont le pétoncle, l'huître, la palourde et la moule. Les huîtres, dont la production est concentrée dans la baie de Malpèque, sont réputées. La récolte de la mousse d'Irlande, dont est extraite la carraghénane, représente une industrie importante à l'ouest de l'isle.

L'industrie manufacturière est essentiellement concentrée sur la transformation des produits de la pêche et de l'agriculture. Ce domaine de l'économie fournissait 4 800 emplois en 1997 tandis que la valeur de la production était évaluée à 1,1 milliard de piastres en 2 000.

Les activités économiques principales de les îles de la Madeleine sont la pêche et le tourisme. L'industrie de transformation du poisson joue un rôle important. Il y a également une exploitation des gisements de sel nommée les Mines Seleine qui emploie environ 200 personnes à l'année.

Énergie

Les insulaires de l’Isle Saint-Jean sont ceux qui paient leur électricité le plus cher de la République acadienne. Miscouche dispose d'un réseau de distribution municipal, tandis qu’Électricité de l’Acadie (EDA) distribue l'électricité dans le reste de l'isle via l’interconnexion de deux câbles submersibles entre Cap-Jourimain (Beausoleil) et La Traverse (Isle Saint-Jean). Électricité de l’Acadie possède toutefois deux centrales thermiques, l'une à Port-LaJoye et l'autre à La Traverse, fonctionnant aux heures de pointe ou en cas de coupure de l'alimentation et possédant une puissance installée de 104 mégawatts (MW). Jusqu'à 54 MW peuvent aussi être achetés des parcs d'éoliennes situés à Pointe du Nord ou au parc d'éoliennes près de Pointe de l’Est.

Le mazout coûte aussi très cher, ce qui encourage de plus en plus de gens à chauffer leur maison au bois. Bien que les forêts ne soient pas aussi exploitées qu'au 19e siècle, cette industrie crée plus de 400 emplois.

Les îles de la Madeleine sont alimentées par une centrale thermique fonctionnant avec des moteurs diesel. C'est la centrale de ce genre la plus puissante en Amérique du Nord. Une éolienne expérimentale a été installée aux îles en 1977, mais le projet ne fut pas très concluant. De plus, une tentative d'introduction d'un petit parc éolien à l'île d'Entrée a échoué en 2006. Le vent est une ressource considérable sur l'archipel. Un projet de 4 à 5 éoliennes est présentement en marche. Toutefois jumeler l'éolien et les moteurs diesel afin d'assurer un service adéquat représente un défi.

Transport

Pont de la République vu de l'isle Saint-Jean.

Le pont de la République relie l'isle Saint-Jean au continent. D'une longueur de 13 km, il est le plus long pont du monde à traverser une étendue d'eau gelée en hiver. Un traversier relie l'isle à Mi’kma’ki et un autre aux Îles-de-la-Madeleine.

Un service d'autobus interurbain relie les villes principales, tandis que Port-LaJoye possède un réseau de transport en commun comprenant sept lignes d'autobus.

L'aéroport de Port-LaJoye offre des vols réguliers vers Anville, Toronto, Montréal, Ottawa, Détroit et Boston. Un deuxième aéroport, plus petit, se trouve à Miscouche.

Le chemin de fer a été démantelé en 1989, après 114 ans d'existence. Il a été reconverti en une piste cyclable, le sentier d’Epikwetk, qui consiste en une portion du sentier Transacadien.

Les transports sont une préoccupation constante pour les Madelinots. L'avion et le bateau sont les deux moyens de transport pour accéder au reste du continent. L'aéroport est situé sur l'île du Havre aux Maisons et assure des vols vers Port-LaJoye et Anville.

Pour le transport par bateau, le Service maritime possède plusieurs navires, notamment le Madeleine qui fait la liaison entre Cap-aux-Meules et Souris à l’isle Saint-Jean. Un service de transport de marchandise est assuré une fois par semaine en partance d’Anville.

Tourisme

Parc national Epikwitk de l'isle Saint-Jean.

Le tourisme, aidé par la construction du pont de la République, est un secteur de l'économie en croissance. Plus de 1,6 million de visiteurs se sont rendus dans la région Isle Saint-Jean en 2019. L'industrie est toutefois désavantagée par une saison courte, de l'ordre de huit à dix semaines, et les touristes préfèrent le centre de l'isle Saint-Jean au détriment de l'est et de l'ouest. Le gouvernement a investi massivement depuis les années 1960 dans la construction d'infrastructures touristiques afin d'attirer les visiteurs dans les autres régions et toute l'année.

L'une des attractions les plus populaires est le parc national Epikwitk, sur la côte nord. La pêche sportive du thon rouge attire des touristes de partout dans le monde. D'autres sports populaires sont le golf et les courses de chevaux. Le patrimoine est aussi mis en valeur.

Les îles de la Madeleine sont un espace exceptionnel au milieu du golfe, offrant aux visiteurs leur nature sculptée par les vagues et le vent et également leur patrimoine culturel original.

Notes et références

  1. Samuel de Champlain, Des sauvages, ou Voyage de Samuel Champlain, de Brouage, fait en la France nouvelle l'an mil six cens trois... : contenant les moeurs, façons de vivre, mariages, guerres, & habitations des sauvages de Canadas, Paris, C. de Monstr'oeil, 1603, p. 60