Hôtel du Gouverneur

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Hôtel du Gouverneur
Image illustrative de l’article Hôtel du Gouverneur
La façade principale de l'hôtel du Gouverneur
Période ou style Palladianisme
Type Maison
Début construction 1800
Fin construction 1807
Propriétaire actuel État acadien
Destination actuelle Bureau et résidence officielle de la présidence de la République acadienne
Protection Lieu historique national
Édifice fédéral du patrimoine
Pays Drapeau acadien République acadienne
Région Mi'kma'ki
Municipalité Anville
Géolocalisation sur la carte : Mi'kma'ki
(Voir situation sur carte : Mi'kma'ki)
Hôtel du Gouverneur

L’hôtel du Gouverneur est la résidence officielle et le bureau de la présidence de la République acadienne. Le bâtiment, qui est la plus ancienne résidence officielle de l’Acadie, a été construit entre 1800 et 1807. Il est le lieu de résidence, de travail et de réception de tous les gouverneurs de l'Acadie et de la présidence acadienne depuis 1807. L’hôtel du Gouverneur se trouve au cœur de la vie politique et sociale dans la capitale nationale. Son actuel résident est Chiquita Mére, présidente de la République acadienne depuis 2020.

Il se situe au 1451, promenade Deschamps-de-Boishébert à Anville, Mi’kma’ki. Les coordonnées sont : 44° 38′ 36″ nord, 63° 34′ 17″ ouest.

Les médias utilisent par métonymie « l'Hôtel » pour désigner les services de la présidence de la République acadienne.

Histoire

Premier hôtel du Gouverneur

Le premier hôtel du Gouverneur, construit en 1763 sur le site de l'Assemblée nationale.

Suite aux victoires françaises en Acadie, en 1761, le roi français Louis XV nomma le marquis Charles Deschamps de Boishébert comme gouverneur de la colonie lors d’une cérémonie officielle à Versailles. Il est le premier gouverneur de cette nouvelle Acadie unifiée. Il part aussitôt de la France avec 2 500 colons et fonde Anville, la nouvelle capitale de l’Acadie, située dans la baie de Chibouctou. À son arrivée en 1763, il supervisa la construction de l’hôtel du Gouverneur, sa résidence officielle. Il occupa le poste de gouverneur jusqu’à son décès à l’âge de 69 ans.

Deuxième hôtel du Gouverneur

Otho Robichaud fut nommé le successeur de Charles Deschamps de Boishébert en 1797. Il sera le premier Acadien d'origine à détenir ce poste. Lorsqu’il arriva à Anville, Robichaud s’opposa fermement aux conditions sordides de la résidence peu luxueuse d’un gouverneur. Dans des lettres qu’il envoya en France, il décrivit la résidence comme étant « de bois vert et de bois pourri » et « en danger de tomber dans la cave ». Selon lui, divertir les visiteurs importants n’était pas possible dans ces conditions.

Robichaud a noté que le gouvernement de l’Acadie avait acheté une propriété qui serait utilisée pour la construction d’une nouvelle législature coloniale. Toutefois, Robichaud avait déterminé que ces terres étaient trop éloignées de la ville pour les rendre appropriées. Alors que cette parcelle de terre serait idéale pour l’emplacement d’un nouvel hôtel du Gouverneur. Robichaud a choisi ce terrain sur lequel la résidence du gouvernement serait construite, avec une vue imprenable sur le port d’Anville, sa végétation luxuriante et ses sols riches. Un cadre idéal pour un manoir digne d’un homme de sa stature et de celui de sa femme, Marie-Louise Thibodeau, et leurs 12 enfants.

La construction de l'hôtel du Gouverneur a été ordonnée en 1800 par le gouverneur Otho Robichaud. Le gouverneur et sa famille emménagent dans le bâtiment encore incomplet en 1805.

L’ancien hôtel du Gouverneur fut démoli en 1806 et la nouvelle législature coloniale, aujourd’hui l’Assemblée nationale, a été construit au même endroit en 1811.

Un incendie éclata dans le grenier du manoir en 1854; cependant, l’incendie a été maîtrisé grâce aux précautions d’ignifugation prises lors de la conception et de la construction de l’édifice.

République acadienne

La France accorde l’indépendance à son ancienne colonie, le 15 août 1882. Sous l'impulsion de son premier président élu, Pierre-Amand Landry érige alors les fondements de l'État moderne, fait proclamer la République acadienne le 15 août 1884 et fait adopter une Constitution le jour suivant. L'Assemblée nationale assigne l’hôtel du Gouverneur comme résidence de la présidence de la République acadienne. En effet, l'article 62 de la Constitution de 1884 disposait que la Présidence est « logée aux frais de la République » et réside « au lieu où siège l'Assemblée nationale », donc à Anville.

La raison d’être de l’hôtel du Gouverneur reste interchangeable et même le mot « Gouverneur » est conservé pour sa valeur patrimoniale.

L’hôtel du Gouverneur est entièrement rénové et modernisé lorsque que le président Pierre-Amand Landry prend possession du lieu le 16 janvier 1886. Par la suite, l'hôtel devient l'« hôtellerie officielle des chefs d’État en visite à Anville » où le gouvernement organise de grandioses fêtes notamment dans la salle de Bal.

Architecture

L'hôtel du Gouverneur en 1819.

Il s’agit d’un manoir imposant en pierre de trois étages construit dans le style palladien, au début du 19e siècle qui se distingue par la symétrie de son ensemble, les fenêtres à guillotine double régulièrement disposées, et son pavillon central à trois étages flanqué d’ailes à deux étages.

Son emplacement est dans le centre historique de Anville. Sa vaste parcelle est séparée des espaces urbains par des murs de pierre et des grilles en fonte derrière lesquelles la maison est encadrée par des terrains paysagers.

Comme il est d'usage de planter un arbre à chaque réception officielle d'un personnage de marque, le parc comprend de nombreux arbres munis de petits écriteaux rappelant le nom du planteur, parmi lesquels on remarque la reine Élisabeth II, Charles de Gaulle, René Lévesque, John F. Kennedy, Barack Obama, pape Jean-Paul II, etc.

L’entrée principale est surmontée d’un portique à colonnes et elle est en dessous d’un portique comprenant un escalier tournant.

La hauteur des fenêtres est réduite sur chaque étage avec des baies voûtées bosselées au rez-de-chaussée.

Les éléments décoratifs classiques encastrés sont relativement plats, y compris le cordon entre le rez-de-chaussée et le deuxième étage, des moulures et des panneaux en retrait.

Les détails intérieurs originaux subsistent encore, y compris l’escalier central tournant suspendu et les ornements classiques des principaux espaces publics, comme les manteaux de cheminée en marbre dans la salle de Bal, les colonnes ioniques et l’architrave du foyer de l’entrée, la claie néoclassique de la salle de Bal et les corniches en plâtre ornées dans la salle de dessin.

L'hôtel dans la vie politique acadienne

L’hôtel accueille chaque mercredi matin le Conseil des ministres. Traditionnellement, le ministre des Affaires étrangères fait un bref tour d'horizon de l'actualité internationale. Ensuite, la présidence de la République donne la parole aux différents ministres dont l'action est à l'ordre du jour ou qui ont à défendre un projet de loi, puis conclut le Conseil en y ajoutant éventuellement une remarque sur un sujet précis, s'il souhaite lui donner un écho particulier. Le Conseil procède aussi à des mesures d'ordre individuel (nomination ou promotion de hauts fonctionnaires tels que préfets, officiers généraux, procureurs, recteurs d'académie, les membres de diverses Commissions, etc.). La présidence signe les actes délibérés par le Conseil. À l'issue du Conseil, un communiqué officiel est publié et souvent commenté par le ministre porte-parole du gouvernement. Au mois d'août, le Conseil prend en général trois semaines de vacances.

La salle de Bal de l'hôtel du Gouverneur.

Lieu de résidence de la présidence, c'est aussi à l'hôtel du Gouverneur qu'a lieu la cérémonie d'investiture, un rituel médiatisé, « à la fois très protocolaire et personnalisé par chaque président ou présidente ». La présidence élue arrive en automobile dans la cour de l’hôtel, « passe devant un détachement de la Garde républicaine ». Accueilli normalement par la présidence sortante, cette personne reçoit ensuite les insignes de l’Ordre du Bon-Temps, des mains du grand chancelier de l'ordre. Cette cérémonie se déroule en privé, avant que la présidence rejoigne la salle de Bal de l’hôtel « où le président du Conseil constitutionnel proclame solennellement les résultats de l'élection et où le grand chancelier de l’Ordre du Bon-Temps lui présente le collier de grand maître de l'ordre ». La présidence signe alors le procès-verbal de l'investiture et prononce traditionnellement un discours devant ses invités, diplomatiques et privés, qu'il salue avant de rejoindre la terrasse donnant sur les jardins. La Garde républicaine lui y rend alors un service d'honneur, puis vingt et un coups de canons sont tirés.

L’hôtel du Gouverneur accueille annuellement diverses manifestations, comme les Journées du Patrimoine, le Noël de l’hôtel et la fête de la Victoire.

Sécurité

De lourdes mesures de sécurité sont présentes, mais pas toujours visibles. Deux officiers de la Garde républicaine se tiennent traditionnellement devant la porte principale de l'hôtel, une porte qui n'a pas de trou de serrure à l'extérieur et ne peut être ouverte que de l'intérieur. Un autre officier de Garde républicaine est de service de l'autre côté de la porte, jour et nuit, il y a donc toujours quelqu'un pour ouvrir à la Présidence quelle que soit l’heure à laquelle il ou elle rentre à la maison. Un portail a été installé près de la promenade Deschamps-de-Boishébert. Au portail, se trouve un poste où plusieurs policiers lourdement armés assurent la garde. La protection des ministres à Anville est assurée par la Garde républicaine sur renseignements du Service de Sécurité.

D’autres mesures de sécurité plus discrètes existent, par exemple, des policiers armés en civil sur quelques toits de la promenade Deschamps-de-Boishébert. Il a été évoqué l’existence d’un bunker, relié aux autres lieux de gouvernement et de transport, sous la promenade, mais ceci n’a été officiellement ni confirmé ni nié.