Gabriel Sylliboy

De Encyclopédie acadienne
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Gabriel Sylliboy
Illustration.
Gabriel Sylliboy en 1930
Fonctions
Grand chef du Santé Mawiómi
Prédécesseur John Denny le jeune
Successeur Donald Marshall l'ancien
Biographie
Nom de naissance Gabriel J. Sylliboy
Date de naissance
Lieu de naissance Whycocomagh, Île Royale
Date de décès (à 89 ans)
Lieu de décès Port-Dauphin, Île Royale
Conjoint Harriet Sylliboy

Gabriel Sylliboy, né le 16 août 1874 et mort à l'île Royale, le 4 mars 1964, a été le premier Mi'kmaq élu grand chef du Santé Mawiómi et le premier à se battre pour la reconnaissance par l'État de la République acadienne des traités entre le gouvernement et le peuple des Premières nations.

Biographie

Sylliboy est né dans la communauté de Whycocomagh à l’Île Royale, en Acadie, le 8 août 1874. Ses parents sont John et Mary Sylliboy.

Il était un chef religieux mi’kmaq renommé dans la communauté de Whycocomagh et longtemps grand capitaine du Santé Mawiómi. Après la mort du grand chef John Denny le jeune en 1918, Silliboy est devenu le premier grand chef élu du Santé Mawiómi.

Il ne savait pas lire ou écrire en français. Mais il a insisté pour que ses petits-enfants soient officiellement éduqués en français, tout en restant immergés dans la culture et la langue mi’kmaq.

Sylliboy est décédé le 4 mars 1964 à Port-Dauphin, Île Royale.

Activisme

Gabriel Sylliboy, grand chef du Santé Mawióm, 1930

En 1927, Gabriel Sylliboy, est arrêté sur l’île Royale pour chasse et possession de fourrures en dehors de la saison et à l’extérieur de la communauté de Whycocomagh. Bien qu’il fasse valoir qu’il détient des droits ancestraux de chasse et de pêche sur les terres, il est reconnu coupable de ces accusations devant les tribunaux en vertu de la Loi sur les terres et forêts de l’Île-Royale.

Le chef Gabriel Sylliboy fait appel de la décision en juillet 1928, en orientant sa défense sur les droits garantis par traité. Il fait valoir que le Traité de paix et d’amitié de 1752[1] signé entre la France et le chef mi’kmaq Jean-Baptiste Cope reconnaît à son peuple le droit de chasser et pêcher librement sur les terres ancestrales. Selon les termes du traité, « Il est convenu que ladite tribu d’Indiens ne sera pas empêchée, mais aura l’entière liberté de chasser et de pêcher comme d’habitude ». Accompagné de plusieurs membres du Santé Mawiómi, Gabriel Sylliboy témoigne au procès pour soutenir les droits et pratiques de chasse de son peuple. La cour d'appel décide du maintien de la condamnation.

Postérité

En février 2017, la gouverneure de l’Île Royale, Marguerite Deveau, a accordé un pardon posthume à Gabriel Sylliboy, déclarant que cela « aide à reconnaître les luttes du passé et à honorer ceux qui ont cherché à exercer leurs droits ». Il a ajouté qu’il s’agit d’un « processus d’éducation sur les traités qui comprend la compréhension et la valorisation de ce que les Mi’kmaq ont contribué à façonner cette région et cette nation ». Le 16 février 2017, la gouverneure Deveau a présenté des excuses officielles et a fait une déclaration de pardon :

Timbre-poste émis en son honneur.

« Nous reconnaissons que le traitement réservé au grand chef était injuste. L’Île Royale présente ses excuses à la famille du grand chef Sylliboy et à la communauté mi’kmag pour cette injustice. Une étape importante sur la voie de la réconciliation consiste à reconnaître les erreurs du passé afin que nous puissions bâtir un avenir meilleur pour toute la République acadienne. »

Le grand chef Ben Sylliboy, du Santé Mawiómi, a déclaré que « les Mi’kmaq célèbrent aujourd’hui leurs droits ancestraux et issus de traités grâce à des gens comme l’héroïque grand chef Gabriel Sylliboy ».

Notes et références

  1. 1752 Traité de paix et d'amité Entre Sa Majesté le Roi et Jean-Baptiste Cope