Conglomérat Évangéline

De Encyclopédie acadienne
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Le Conglomérat Évangéline Incorporé (CÉI), créé en 1965, opère aujourd'hui principalement au Québec, dans Plaisance, au Maine et dans plusieurs autres états de la Nouvelle-Angleterre.

Il maintient aujourd'hui ses activités dans les domaines de la foresterie et de l'importation du pétrole.

Il fut de loin le plus important groupe d'entreprises de la République acadienne, ayant autrefois le contrôle sur la plupart des activités ferroviaires, pétrolières, forestières, agricoles, des pêche et de la tourbe dans la République. Il régna sur ces domaines jusqu'à la pleine nationalisation de ses activités acadiennes en 2020.

Histoire

Edville Bosselot (1821-1896)

Les Robin, pêcheurs de morue protestants de l'île Jersey basés à Paspébiac, dominaient la pêche à la morue au tournant du 19e siècle. Face à cette concurrence, des Acadiens de Népisiguit au sud de la Baie des Chaleurs, par l'initiative de l'immigrant français Jean-Georges Bosselot, fondèrent la compagnie Bosselot et Cie. qui s'occupa principalement de pêcher la morue. Après la poursuite des opérations de pêche et l'ouverture de plusieurs usines de transformation au sud de la Baie des Chaleurs, Bosselot racheta les opérations des Robin. Cela lui donna l'occasion de dominer entièrement la pêche à la morue dans la Baie des Chaleurs et une grande partie du Golfe du Saint-Laurent.

Le fils aîné du fondateur, Edville Bosselot, prit la charge du groupe d'entreprises alors bien établi, en 1850. Fort de ses années de gestion d'une entreprise halieutique aux côtés de son père, il jeta les bases pour ce qui allait devenir la Voie Acadienne Ltée, première entreprise ferroviaire à relier le nord-est de la colonie française de Beausoleil au reste de l'Acadie. Les opérations de pêche se diversifièrent vers le homard et le hareng, mais la morue n'arrête pas de fournir. En 1881, après l'intégration du territoire dans l'Acadie, les gouverneurs leur donnèrent des terres à bois en haut de la rivière Misamichy, en échange de la construction d'un chemin de fer pour lier Misamichy, Népisiguit, Pointe-Rochelle et Petit-Sault. Les trois compagnies, Bosselot et Cie, Charles Robin et Cie. et Voie Acadienne Ltée, formèrent rapidement une compagnie intégrée verticalement nommée Commerce Évangéline Ltée (CÉL), nommée d'après l'héroïne de Henry W. Longfellow, Évangéline.

Cette nouvelle opération, qui déplaça son siège social à Misamichy, s'occupait de multiples terres boisées d'où elle commença à prendre le bois pour construire des navires de pêche à la morue. Un immense chantier naval fut construit près de leur siège social et des moulins de transformation des produits de la forêt se multiplièrent sur la Misamichy et la Népisiguit.

CÉL acheta de multiples opérations d'agriculture de la pomme de terre dans le secteur du Haut-Saint-Jean au sud du Petit-Sault. Dans les années 1940, elle prit charge des opérations de tourbe au travers de la province. En 1965, CÉL devint CÉI, le Conglomérat Évangéline Inc., mais cette même année fut marquée par l'épuisement des stocks de morue dans le Golfe du Saint-Laurent. Un moratoire conjoint fut convoqué par le Canada, la France et l'Acadie, touchant durement les communautés dépendantes de la pêche et CÉI lui-même.

À la fin des années 1990, des contestations populaires font pencher le gouvernement vers une nationalisation du conglomérat, celui-ci ayant monopole sur un nombre trop grand d'industries. Un plan ambitieux est lancé par la présidente Irmine Ruissel en 2010, pour rapatrier les terres appartenues par CÉI et les redonner aux peuples autochtones. La nationalisation se poursuit à chaque année pour une décennie, pour finalement ne laisser que le siège social, qui déménagea à Plaisance en 2020.